Quelle est ta vie petite patronne ?

Pas facile la vie d'une "petite boite"... le quotidien de la petite patronne... idéal et coup de blues... espoirs et découragements... Y croire chaque jour.
Dimanche 19 mars 2006

Je vais laisser bientôt ma place à un autre ou une autre qui fera sans doute connaître à cette boite un « après ». J’espère que cet « après » sera plus serein.

Le lundi 3 avril prochain, ma démission sera entérinée et mon successeur sera nommé.

Cette aventure a commencé en décembre 1997. Il est temps pour moi de passer à autre chose.

Soulagée certainement mais bien triste de vous quitter.

Merci pour ces moments rares entre une « petite patronne » et son équipe. Une équipe formidable. C’est une chose dont je peux nous féliciter : vous m’avez donné de grandes émotions.

Alors pour clore ce blog, et pour vous dire « au revoir » j’avais encore des petites choses à vous dire personnellement. D’accord, cela va faire un peu « Maman » qui donne des conseils, mais ce seront les derniers, je vous rassure.

J’ai choisi un ordre alphabétique pour ne pas faire de jaloux !

 

Ahmed :

Tu es arrivé ici pour un remplacement d’un mois. Tu n’en es plus parti. Tu es notre rayon de soleil, Ahmed. Droit, fidèle, honnête, respectueux, tendre, généreux. Que te souhaiter dans la vie ? Une chose essentielle : tout l’amour que tu mérites. Tu es un homme sur qui l’on peut compter. C’est très rare, tu sais. Merci Ahmed de m’avoir autant chouchoutée. Je me ferais toujours du souci pour toi car ta vie est difficile. Mais je sais que tu as des amis sincères dont je fais partie.

Aurélia :

Tu es arrivée petite et discrète. Tu as une personnalité qui ne demande qu’à s’épanouir dans la franchise et la confiance. Une jolie fleur qui ne demande qu’à s’éclore. N’oublie surtout pas que tu es une jeune fille mais bientôt une femme. Alors sois féminine et profite de ton magnifique physique.

Sois généreuse envers toi-même et magnanime avec les autres.

 

Aurélie :

Dès notre première rencontre, j’ai compris que tu avais une réelle capacité commerciale car tu es « vraie » et convaincante. Tu as une belle personnalité, volontaire, sensible, gaie…. Merci pour ton énergie, ton sourire et ces mois partagés ensemble au bureau. Tu as su me donner la pêche. Nous avons partagé des moments forts. Je me souviendrais de ton entretien d’embauche et je me demande aujourd’hui si tu as trouvé ici ce que tu cherchais. Pour ma part, j’ai trouvé une commerciale anonyme pertinente et une commerciale efficace au-delà de l’affectif qui nous lie. Prends soin de toi et ne doute jamais plus de tes capacités. Je te souhaite une très belle carrière.

 

Carole :

Petite Carole discrète, émotive. Je sais que ce métier n’est pas facile pour une fille. Il va falloir encore apprendre, et évoluer. Tu dois y songer. Tu ne peux pas envisager de passer ta vie à faire des boxes. Va plus loin, apprends un métier. Prends confiance en toi. Tu es sérieuse et droite. Bouges toi, Minette.

 

Elise :

J’aurais su plus tôt que tu avais une formation de gestion, je t’aurais sans doute demandé de nous rejoindre au bureau. Tu es un bon cocher et une joyeuse fêtarde. Nous n’avons pas eu le temps de nous connaître mieux. C’est dommage. Bonne chance à toi, jolie Elise

 

Fabienne :

Merci pour ton sourire et ta gentillesse. Tu es la seule à rester patiente avec nos vieux clients de 80 ans qui ne comprennent rien au téléphone ! Continue tes études pour devenir guide. C’est un métier qui t’ira si bien. Profites de la vie et vas de l’avant. Ne perds jamais ce sourire.

Ingrid :

Mon souvenir le plus intense avec toi fut la première visite de notre commissaire aux comptes. Tu pleurais. Pourtant nous avions tous beaucoup d’admiration pour le travail monumental que tu avais effectué connaissant à peine la compta et reprenant une année de comptabilité disparue. Puis, ce jour où tu es montée sur une échelle pour prendre les commandes des opérations afin de décoincer du camion la jument accidentée. Ingrid, accroches toi… la vie est surprenante et les mauvais moments font place rapidement aux bons. J’ai confiance en toi et tu as tellement changé en quelques mois. Tu es devenue une femme qui a des couilles !

 

Joëlle :

Tu es une vraie petite bonne femme. Tu m’as scotchée d’abandonner un emploi stable à la Ratp pour vivre ta passion. Un vrai courage… Positive, pleine de bon sens, déterminée… Je me souviens de toi avec Emilie et Coquette à ces premières fêtes de nuit. Tu as vécu ces moments avec un tel enthousiasme.  Ton enthousiasme est communicatif. J’aurais rêvé de t’avoir comme déléguée syndicale si j’avais du subir les syndicats !!!

 

Johan :

Tu as beaucoup changé aussi depuis ton arrivée aux calèches. Je suis fière de toi. Tu as trouvé, je pense, une dimension humaine et compris le bonheur de travailler avec des gens que l’on apprécie. Pourtant si jeune, tu es étonnamment mûr. J’apprécie particulièrement ton aspect calme et réfléchi. Je t’ai souvent parlé de reprendre tes études. C’est l’occasion certainement. Ne te contentes pas d’une vie facile. Vas plus loin. Merci de ton soutien et de ta délicatesse ces derniers mois. Grand mouloud….

 

Julien :

Mon petit mouloud rebel. Tu es l’une de mes réelles réussites dans ma mission de petite patronne. Il fallait y croire et s’accrocher. Je suis très fière de toi aujourd’hui. Quand tu es arrivé, toi-même tu n’y croyais pas. Le jour où je t’ai secoué, tu aurais pu fuir mais tu as décidé de te bouger. Tu es vraiment doué pour presque tout, sauf pour la diplomatie ! Il fallait bien une patronne comme moi pour te supporter. Alors je ne sais pas si je t’ai rendu service pour la suite ! Il faudra être plus souple avec tes prochains patrons. Je te fais confiance, tu trouveras toujours du boulot. Surtout gardes ton sens pratique et ton énergie.

 

Marion :

Tu n’as pas beaucoup changé depuis toutes ces années, sauf que tu étais une jeune fille et tu es devenue une maman. J’étais enchantée de te vendre Ilesse. Elle a eu de la chance de te rencontrer. Nous avons eu des différents ensemble mais toujours une grande tendresse et un grand respect l’une pour l‘autre. Je te souhaite de trouver un vrai métier et de faire de beaux enfants.

 

Parviz :

Nous travaillons ensemble depuis près de 15 ans et la fin approche. J’espère que tu trouveras une solution rapidement et que cette nouvelle vie sera plus sereine. Prends soin de toi...

 

Et les fidèles qui ont une grande place dans mon cœur :

Fleur, Perle, Emilie, Gérard, Lore : merci à vous pour votre fidélité au long de ces années. Je n’ai que de très beaux souvenirs avec vous. Vous m’avez toujours gâtée. Vous êtes aussi une partie intégrante de notre petite famille.

 

Aux amis des calèches :

Claude, Steph, Sandra, Erwan, Sabine : des fidèles au quotidien. Nous avons partagé cette passion du cheval, mais aussi la passion d’une ambiance particulière. J’espère que vous trouverez le même accueil avec mon successeur car vous êtes aussi des éléments importants de cette boite.

 

Aux proches :

Denis VM notre ami de la Grande Bicoque

Paul D mon maréchal depuis 10 ans

JC Mériot notre assureur et ami

Christine TR, notre agence de com amie foldingue

ValérieL, notre cerveau stratégique et amie

Bernard B, notre commissaire aux comptes

Hélène D, notre avocate

 

Merci pour votre soutien sans faille au cours de ces années. Vous avez partagé notre passion et notre enthousiasme. Vous m’avez si souvent aidée et portée dans des moments difficiles.

 

Voilà, dans 8 jours, je serais libre…. Et vous n’aurez plus à me subir, ni écouter mes conseils. Mais sachez que si vous avez besoin de parler, je serais toujours là pour vous écouter…

 

Bonne chance à vous tous. Je vous embrasse tendrement.

 

Nathalie.

 

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Mardi 21 février 2006

Il n'avait pas son destier mais une jolie mule, ce chevalier blanc. Ce n'est pas un chevalier mais un honnête commerçant. Il a une bonne tête et du bon sens. Je lui ai dépeint avec sincérité l'étendue des dégâts pour qu'il sache sans encombre qu'il mettait les pieds dans le crottin. Bref, cela ne semble pas le décourrager. Il m'a invité à déjeuner sans chercher à me draguer. Il est reparti avec les chiffres d'exploitation.

C'est une solution à étudier de près car pourquoi pas. Il a le profil d'un dirigeant pour cette boite, connaissant l'affectif que je lui porte et aux salariés. Il est conscient de cette part humaine et émotive qui nous lie jusqu'alors. Oui, il a le profil et les bonnes idées.

Avant son arrivée, je me suis lachée d'un mail sec et précis à notre actionnaire majoritaire (le tristounet). Avec l'autorité incombant à mon poste de gérante, je lui ai rappelé son rang d'actionnaire. Une indiscrétion m'avait averti de son passage prochain en nos bureaux. Je l'ai prévenu de rester dans sa catalogne natale lui expliquant qu'il n'était plus le bienvenu à Versailles. On ne laisse pas impunément 15 salairés au smic sans les payer... Il faut avoir assumer dans les mauvais moments, c'est le job d'un patron. Or il a joué au patron pendant 8 mois comme on joue à la maitresse. Donc je lui ai signifié avec tact de rester dans la cour des petits.

Bref, le temps passe et je dois me coltiner des tonnes de document à photocopier pour l'administrateur. J'en ai marre de la paperasse mais si c'est pour la bonne cause, volontiers.  

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Jeudi 16 février 2006

Ce matin coup de fil étonnant : "bonjour Madame, je suis Mr..... je vous appelle pour savoir si votre entreprise est à vendre". Et Mr X... de m'expliquer qu'il a vu les articles dans les journaux, que cette belle activité ne peut pas disparaître comme cela, qu'il a une activité par ailleurs proche des chevaux, qu'il souhaite investir dans notre entreprise. J'en tombe de mon tabouret !!!

Et si c'etait le chevalier blanc !!!! Et si c'était vrai ! Et si mon ange gardien, ma fée clochette et tous les angelots qui me suivent avec bienveillance avaient remué le destin pour mettre sur ma route le sauveur de la petite patronne.

Passé l'euphorie de me croire dans un comte de fée, je redescends de mon nuage et accepte un rdv pour déjeuner Mardi prochain. Nous verrons bien à quoi ressemble notre chevalier tombé du ciel.

Allez oust : tout le monde au ménage, nous avons 4 jours pour faire briller notre paradis décrépi ! Autant que la mariée soit belle, faute de dot !  

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Jeudi 16 février 2006

Rencontre vendredi dernier avec l'administrateur judiciaire chargé par le Tribunal de nous suivre.

Première impression : pas bien rigolo, avarre de sourire. Petit bouc, regard un peu pervers. Je le suis dans son bureau en pensant que mon quotidien dans les semaines qui viennent ne va pas être serein. Dès lors que l'on évoque le dossier, mon avis évolue. Il m'avoue n'avoir aucune passion pour les chevaux, à part en steak dans son assiette... avec un air taquin très provoq. L'homme a un esprit pragmatique et déterminé. J'apprécie son envie de nous voir poursuivre l'activité. Il pige vite, n'a pas froid aux yeux. Bref, et si lui avait des couilles, qui sait... cela me permettrait enfin d'avoir moins à montrer les miennes.

Donc nous voilà en redressement judiciaire : position confortable. Seule interrogation : quelle en sera l'issue ?

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Mardi 7 février 2006

Nous étions toutes les deux ce matin : la petite patronne et la muse. En chambre du conseil, il se décidait deux mois de période d'observation dans le cadre d'un redressement judiciaire. Le tribunal a accepté, mais il va falloir se battre encore pour que ces deux mois se tranforment rapidement en 6 mois supplémentaires. Tenir jusqu'à mi septembre est mon objectif.

Pas d'état d'âme ce matin. J'ai le moral. Il est certain que je sors de ces moments de tension plutôt épuisée. Envie d'une petite sieste, de penser à autre chose. Dommage que je ne sois pas bien riche en ce moment car j'aurais volontiers dépenser une fortune en conneries à Parly 2. Oui, juste histoire de penser à des futilités... Je suis épuisée par ce sentiment de sortir mes tripes à chaque fois. J'y crois encore et toujours, chaque jour.

Samedi dernier, toute notre petite équipe s'est lâchée aux caves du Roi. Hum, ça fait un bien fou. Il est dommage de penser que cela pourrait s'arreter. J'ai picolé et dansé avec eux... cela faisait bien longtemps que je ne le faisais plus. Une si belle équipe soudée.... non, il ne faut pas que cela s'arrete, je me battrai jusqu'au bout.

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Jeudi 2 février 2006

Je me suis rendue mardi, le coeur gros, au Tribunal de commerce pour déposer la déclaration de cessation de paiement. Depuis ces derniers jours, nous sommes inquiets de la décision éventuelle du Château de Versailles à nous interdire l'accès au parc le 16 février prochain et par là même empêcher la continuation de la Boite. Une procédure de redressement judiciaire va s'ouvrir sur décision du Tribunal le 7 février.

Ce matin, heureuse nouvelle : notre avocat nous confirme que le Château n'aura pas le droit de fermer ses portes avant la liquidation éventuelle de la société. Ceci nous procure un repis jusqu'en août. Je suis soulagée car je voyais mal le déroulement du mois prochain. Il va falloir me battre pour tenir la barre, mais j'ai l'energie pour cela. Nous l'avons tous encore je l'espère.

Soulagés... car nous pourrons préparer la retraite des chevaux et le reclassement des salariés. Ceci bien entendu dans le cas où une poursuite de l'activité ne serait pas envisageable. Mais je dois l'admettre c'est peu probable.

Alors profitons jusqu'en août pour trouver une sortie honorable pour chacun. Et gardons le sourire, la pêche et une bonne humeur dans cette équipe qui me manquera à la fin de cette aventure.

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Lundi 30 janvier 2006

Nous continuons, en coeur et solidaires. Mon petit coup de blues d'hier est passé. Je retrouve de l'energie ce matin. Une journaliste de Radio France viendra demain pour nous parler de nous. Parrallèlement à nos actions sur le terrain, la négocation essaie d'avancer.

Hier, soleil : nous avons investi la place du Marché de Versailles avec en tête deux énormes chevaux de trait et un char à bancs. Des banderolles, des tracts... le soutien des versaillais est unanime. Cela a réchauffé mon moral de ce mois de janvier particulier.

Puis nous avons migré vers la Place d'Armes pour nous poser devant la grille d'honneur. Opération de sensiblisation du public venu en masse pour l'exposition de la Cour de Saxe. Je me suis grandement amusée à jouer un drôle de tour à mon petit mimi des RG. Il me suit à la trace. Je l'ai trimballé dans le Château lui proposant une visite culturelle ! Puis je lui ai faussé compagnie pour coller des tracts dans la galerie des glaces et sur les vitrines de l'exposition. Le service de sécurité du château était en grande panique, mais n'arrivait pas à me localiser. Les tracts ont bien entendu été retirés mais je me suis délectée de leur coller un petit coup de stress. Il faut bien que je m'amuse un peu, non ?

Aujourd'hui nous préparons les tableaux (encore des tableaux) pour la déclaration de cessation de paiement. Décidemment je vais me taper des tableaux financiers encore pendant des mois. Je doute que mes présentations "word art" les amusent. Il faudra faire sobre ! Comble du hasard, nous n'avons plus de papier blanc. Alors ils seront édités sur du papier rose !!!! Formidable, non ? Oui je sais que ce n'est pas le moment de faire de l'humour avec le Tribunal de commerce qui n'a jamais exposé un goût prononcé pour l'art moderne. Mais bon, il leur faut des tableaux, alors faute de papier blanc le rose sera parfait.

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Mercredi 25 janvier 2006

Whaou ! C'était grandiose...

Sur la place d'armes du Château de Versailles, un peu avant la visite de Jacques Chirac et Angela Merkel, nous avons fait flipper les quelques centaines de flics en faction....

Effet de surprise... il s'agissait de nous montrer... de faire un peu de bruit... mais de rester calmes et corrects. J'ai eu droit : au directeur des RG, au directeur de la sécurité publique, au commissaire divisionnaire, à un cordon de CRS, à une affluence de tous flics en civil , gendarmes, membres du raid...qui trainaient dans le quartier.. Bref, très entourée ! Personne ne s'attendait à nous voir débarquer sur la place d'armes un tel jour de visite officielle.

Avec très peu de salariés présents et un comité de soutien réduit, nous avons réussi à créer une jolie panique. J'ai entendu 100 fois que notre action était "inadmissible" et que je finirais la nuit au poste de police. Ce à quoi j'ai répondu "et alors...". Cherchant avec moi à négocier, ils essayaient également de convaincre les salariés. Ils répondaient : "si la patronne ne nous dit pas de bouger, nous ne bougerons pas !". Nous avons tenu environ 45 minutes et avons levé le camp avant d'arriver à l'affrontement. Une voiture de police a fini sa nuit devant nos portes pour éviter que l'idée nous prenne de revenir participer aux réjouissances sans y être invités.

Pour l'instant, les négociations n'ont pas abouties à grand chose. La chef de cabinet du Prefet se propose de poursuivre les discussions. Je suis perplexe. Nous verrons bien.

Je suis suivie par un membre des RG au jour le jour pour connaitre mes intentions. Il est bien mimi, et m'a proposé de déjeuner ensemble quand cette affaire serait terminée. J'ai appris qu'il était divorcé et libre !!! Rire !!!

Mais si aujourd'hui est jour de relâche... Mercredi jour des enfants... et demain ? nous verrons bien demain. Et les idées ne manquent pas. Et vous le savez,  je suis déterminée.

En tout cas grand souvenir de ma carrière de "petite patronne" !!!

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Samedi 21 janvier 2006

Mourrir, oui. Mais avec panache.

Les évènements se précipitent et nous entrons dans la phase active de résistance. Notre premier fait d'armes est prévu pour Lundi. Nous profiterons de la visite de Chichi pour faire un peu de bruit. Le tout est de passer les cordons de CRS. Or notre plan est prêt... les banderolles en cours de fabrication. Un pote percussioniste va rythmer notre marche... Un beau souvenir en perspective digne de Lutte Ouvrière en 1789 !

Et oui, nous avons hier essayé une ultime négociation avec notre contractant. Tout le personnel de la boite a pris d'assault le bureau de la Présidente. La réponse n'est pas engageante. Il conviendrait de passer à la phase suivante, sauf revirement avant Lundi.

Je sais que certains hésitent. Il va falloir, à mon sens, de faire du bruit mais avec élégance. Juste histoire de montrer que nous existons encore...

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Lundi 16 janvier 2006

De retour au bureau... Je passe ma matinée avec mes ongles manucurés et ma tenue de patronne à réparer le réseau informatique. Pourtant je suis tout à fait nulle dans ce type de tâche technique, mais il faut croire qu'il y a plus nulle que moi (lol) !

Très fière : une vraie semaine de congés. Personne ne m'a dérangée. Elles ont géré les huissiers sans même penser à m'affoler, en prenant soin de planquer le matériel sensible. Bravo les filles ! Je vois que vous avez maintenant la technique pour affronter les prédateurs. Je suis fière de vous, de votre pêche, de votre energie, de croire en cette boite que nous aimons tous.

Fière aussi de l'équipe techique qui passe ses journées d'hiver à rafistoler avec les moyens du bord les équipements. Fière de retrouver une vraie équipe embarquée dans la même galère, mais somme toute sur un joli bateau. Car notre bateau ne ressemble pas à une barque mais à un joli voilier qui sait prendre le vent.

C'est encourageant, cela me donne aussi de l'énergie. Envie avec tous de me battre pour traverser la houle.

Si l'on est objectif, il n'y a qu'un petit grain encore à passer et le soleil reviendra dès avril.

Alors, ramons en coeur !

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