Mardi 21 février 2006

Il n'avait pas son destier mais une jolie mule, ce chevalier blanc. Ce n'est pas un chevalier mais un honnête commerçant. Il a une bonne tête et du bon sens. Je lui ai dépeint avec sincérité l'étendue des dégâts pour qu'il sache sans encombre qu'il mettait les pieds dans le crottin. Bref, cela ne semble pas le décourrager. Il m'a invité à déjeuner sans chercher à me draguer. Il est reparti avec les chiffres d'exploitation.

C'est une solution à étudier de près car pourquoi pas. Il a le profil d'un dirigeant pour cette boite, connaissant l'affectif que je lui porte et aux salariés. Il est conscient de cette part humaine et émotive qui nous lie jusqu'alors. Oui, il a le profil et les bonnes idées.

Avant son arrivée, je me suis lachée d'un mail sec et précis à notre actionnaire majoritaire (le tristounet). Avec l'autorité incombant à mon poste de gérante, je lui ai rappelé son rang d'actionnaire. Une indiscrétion m'avait averti de son passage prochain en nos bureaux. Je l'ai prévenu de rester dans sa catalogne natale lui expliquant qu'il n'était plus le bienvenu à Versailles. On ne laisse pas impunément 15 salairés au smic sans les payer... Il faut avoir assumer dans les mauvais moments, c'est le job d'un patron. Or il a joué au patron pendant 8 mois comme on joue à la maitresse. Donc je lui ai signifié avec tact de rester dans la cour des petits.

Bref, le temps passe et je dois me coltiner des tonnes de document à photocopier pour l'administrateur. J'en ai marre de la paperasse mais si c'est pour la bonne cause, volontiers.  

Par Elle - Publié dans : petite.patronne
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